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[CHRO] Zeal & Ardor - (2018) Stranger Fruit

Le meilleur album de l'année ? Zeal & Ardor, c'est le projet musical de Manuel Gagneux, cet Américano-Suisse à l'imagination prolifique. On retrouve ses premières traces acoustiques via Birdmask , là-dedans, on y voit effectivement quelques touches acoustiques de ce qui sera Zeal & Ardor (jetez-y une oreille, avec le recul c'est assez fascinant). Zeal & Ardor, c'est une association de styles musicaux improbables initiée via des internautes sur la célèbre plateforme 4chan, "black metal" et "nigger music", en trente minutes il a pondu un titre et a trouvé là le style qui lui permettra de se démarquer. Après un premier album éponyme sorti en 2014 sur Bandcamp, on y trouvait effectivement un peu de soul, de spiritual, quelques touches de black metal et un peu d'electro. Un peu touche à tout et curieux. En moins de 30 minutes, Manuel Gagneux ébauche son univers. C'est prometteur, mais force est de constater que ça n'au...

[CHRO] Julien Heylbroek - (2014) Stoner Road

Julien Heylbroek est né en 1980 à La Rochelle. Co-fondateur des Éditions TRASH, il écrit depuis un moment et comme vous pouvez aisément le constater, il cultive lui aussi une passion pour le gros son. Stoner Road paru aux Éditions ActuSF il y a quelques années, est une pépite honteuseusement méconnue sur laquelle je suis tombée sur le tard au détour d'un recueil de nouvelles d'Helios. Je me suis rappellée subitement que ce nom avait déjà traversé mon esprit auparavant. Du coup cette fois-ci je n'ai pas hésité plus longtemps, j'ai enfin fait l'acquisition de ce bouquin et je l'ai lancé dans la foulée dans ma liste de lecture littéraire et auditive. Une bonne raison pour le chroniquer ici donc. L'histoire de Stoner Road est assez simple. Josh Gallows, junkie invétéré au volant de sa Pontiac est à la recherche d'Ofelia, sa chica mexicaine avec qui il s'est salement brouillé. Il part en direction de la dernière Generator Party et constate av...

[CHRO] Karim Berrouka - (2016) Le Club des punks contre l'apocalypse zombie

Du son qui tache et de la lecture Karim Berrouka, en plus d'être le chanteur de Ludwig von 88, il écrit aussi des bouquins et des nouvelles de SF et de Fantasy, et ça c'est plutôt chouette dans l'idée. J'ai donc eu envie de lire, tout en imaginant la musique diffusée entre les pages de son livre. Ça dépote pas mal. Du coup j'me suis dit que le chroniquer ici avait tout son sens, même si oui, ce n'est pas vraiment de la musique mais un livre avec de la musique dedans. Paris, dans le collectif du 25, un squat de punks du côté de Ménilmontant. Il y a Deuspi et Fonsdé, deux mecs inséparables qui se partagent tout, la chambrée, la bière et les acides. Kropotkine, la tête pensante. Eva, jeune punkette végétarienne et engagée à toutes les causes. Glandouille & Pustule, les punks à chien et Mange Poubelle, le freegan roi de la débrouille. Ce petit monde va voir son quotidien bouleversé le jour où ils se rendent compte que les gens ont perdu la boule, ...

[CHRO] Primitive Man - (2017) Caustic

Du bon gros malaise Primitive Man, c'est un groupe américain originaire de Denver (mais il n'y a pas de dinosaure sympathique chez eux). Ils officient admirablement bien dans le sludge/doom et un peu noise aussi depuis 2012. Ça suinte la musique malsaine pour le plus grand plaisir de nos canaux auditifs un peu masochistes. Après un premier album, Scorn (2013) ils nous gratifient d'un album toujours aussi lent et pesant, Caustic . Autant vous prévenir tout de suite, écouter Primitive Man, s'est subir un peu plus d'une heure et quart de calvaire. Dès les premières secondes de "My Will" on sait tout de suite que ce grincement insupportable qui nous assaille c'est bien eux, Primitive Man . Y a des touches musicales qui ne trompent pas. Le chanteur du groupe, qui nous sort un raclement de gorge qui ferait ainsi le bonheur des concepteurs des pastilles Lisopaïne, tant on a mal pour lui et on sent qu'il en a rudement besoin ce pauvre garçon...

[CHRO] Nortt - (2017) Endeligt

Bonne nouvelle, la dépression saisonnière est arrivée !   Histoire de terminer l'année 2017 en beauté, Nortt a eu la bonne idée de nous sortir le 29 décembre son quatrième album. Nortt, c'est une grande histoire de déprime que ce bonhomme danois cultive depuis 20 ans déjà, comme quoi, ça conserve. Et alors, depuis ce génialissime Gudsforladt (2003), est-ce que ce le "Pure Depressive Funeral Doom Metal"  est toujours aussi bon ? L'album démarre sur le titre "Andægtigt dødsfald" toujours aussi vaporeux et parsemé de sons un peu énigmatiques dont il en est si friand . Tu l'as sens la bonne déprime hivernale ? Parce ça ne fait que commencer. Ce que j'adore avec Nortt , c'est qu'avec un rien, il arrive à me plonger dans une atmosphère un rien glauque et tout à fait déprimante. À l'image des "tiouuu tiouuu" pourtant discrets mais tellement ténébreux ! Et là, quand la guitare se mêle au piano, c'est toute la magie...

[CHRO] Völur - (2017) Ancestors

J'ai comme qui dirait une folle envie de faire une virée dans le grand nord canadien    Völur, même si ce nom laissait présager une toute autre localisation géographique, c'est tout bonnement un trio canadien originaire de Toronto. Ils existent depuis globalement 2013, Après Disir (2016), Ancestors est le deuxième album studio qu'ils nous font partager dans un style musical aussi riche et abouti que je qualifie grosso merdo d'ambient/folk/doom metal. Si par le plus grand des hasards vous aimez Wardruna ou Skuggsjá mais avec un tempo un poil plus lent, ce disque est fait pour vous. J'aime Völur , parce que la première fois que j'ai écouté ce disque, j'ai eu littéralement l'impression de me propulser dans des grandes étendues givrées où cette nature indomptée nous rappelle qu'en fin de compte, nous ne sommes pas grand chose si ce n'est qu'un petit être un peu stupide écoutant un album de musique où nous imaginons que nous ...

[CHRO] Hexer - (2017) Cosmic Doom Ritual

D'une délicatesse pachydermique Hexer, c'est un groupe de doom/stoner allemand originaire de Dortmund. Ils sont jeunes, frais, ils font du son bien gras et lourd depuis 2014 à peu près. Après un petit E.P. et une démo. Cosmic Doom Ritual (2017) est leur premier album.  A l'heure où je vous écris, je suis en train de manger un paquet de dragibus (car je suis une grosse vache) en écoutant cet album. J'essaye de retrouver l'état d'hébétitude dans lequel j'étais la première fois que cet album m'a fait POUF ! par l'effet du sucre. J'ignore si cela va marcher mais en tout cas, tout ce qu'on peut dire c'est que cet album de doom a un côté planant, aérien, et d'une lourdeur incomparable qu'on retrouve dans ce style. Leur album, ne comporte que trois titres, d'une durée variable entre 10 et 12 minutes. La durée standard pour du doom donc. Tout va bien. L'album commence par un titre "Merkaba", on ne sait pa...